Approche Par les Compétences (APC), le tout marqué par les États Généraux de l'Éducation de 1995.
Légitimité et liberté professionnelle
Voici une adaptation qui reflète la réalité des lycées et collèges (du CES de l'époque aux lycées bilingues) sous le prisme de la Loi d'Orientation de 1998. L’enseignant camerounais : entre sacerdoce, rigueur des programmes et émergence de l’APC
Légitimité et autonomie sous le prisme de la Loi de 1998
Depuis la tenue des États Généraux de l’Éducation en 1995 et la Loi d’Orientation de 1998, le Ministère de l’Éducation Nationale (MINEDUC) s'est engagé dans une mutation profonde. En collaboration avec les Écoles Normales Supérieures (ENS), l'accent a été mis sur la professionnalisation du corps enseignant. Cette période marque la fin progressive de "l’enseignement-spectacle" pour une approche plus centrée sur l'apprenant. Bien que le statut de fonctionnaire domine, l’enseignant camerounais jouit d’une autorité morale et intellectuelle immense au sein de la cité. Sa légitimité repose sur sa capacité à conduire ses élèves vers le "succès" (le Baccalauréat ou le GCE AL), exerçant son libre arbitre pour adapter les leçons dans des contextes de classes souvent pléthoriques.
Les "Exigences du Programme" : le cadre de la liberté
Au Cameroun, la liberté pédagogique s'arrête là où commence le Cahier de Texte. L’enseignant n’est pas un électron libre ; il est le garant de l’exécution des programmes officiels. Le système est marqué par une centralisation forte : les examens officiels (dirigés par l'OBC ou le GCE Board) dictent le rythme. Les contraintes sont réelles : • Les progressions nationales : Le découpage annuel qui impose le chapitre à traiter chaque semaine. • L'évaluation : La matière enseignée doit impérativement préparer aux épreuves types des examens nationaux. C’est dans le "comment enseigner" que le pédagogue camerounais déploie son génie. Face au manque de matériel didactique (laboratoires sous-équipés, manuels coûteux), l'enseignant devient un ingénieur de la débrouillardise, ajustant sa pratique pour que les concepts abstraits fassent sens dans le contexte local. Sa responsabilité est totale : un mauvais taux de réussite aux examens l'expose au jugement de l'inspecteur pédagogique et à la pression sociale des parents.
Le poids des Départements et des Conseils d'Enseignement
Loin d’être un travailleur isolé, l’enseignant des années 90-2000 est ancré dans son Animation Pédagogique. Le travail en équipe n’est pas une option, c’est une structure administrative via les conseils de département. Sous l'œil vigilant du Chef de Département, les enseignants partagent leurs fiches de préparation. Si les "anciens" (les chevronnés) restent parfois attachés à des méthodes magistrales, les nouveaux sortants des ENS insufflent les premières notions de pédagogie active. L’ingérence est rare, mais la reddition de comptes est systématique lors des conseils de classe et des inspections de secteur.
La pertinence des choix : du "Cours Dicté" à la situation-problème
Il serait audacieux de dire que l'enseignant est totalement libre de ses méthodes. Durant cette période charnière, on demande à l'enseignant de ne plus être un simple distributeur de savoirs, mais un facilitateur. La planification ne se limite plus à copier le manuel. L'élaboration d'une fiche de leçon devient un acte stratégique où le pédagogue doit anticiper les objectifs comportementaux. La pertinence de ses choix est jugée à l’aune des réalités de terrain (classes de 80 à 100 élèves). L'émergence des nouvelles approches est parfois vue avec méfiance, certains y voyant un allègement de la rigueur académique au profit d'une autonomie de l'élève encore difficile à gérer dans le contexte camerounais.
Un projet d’établissement concerté
En fin de compte, l’autonomie de l’enseignant s’inscrit dans le Projet d’Établissement. La réussite d'un Lycée ou d'un Collège confessionnel dépend de cette cohésion. L’institution scolaire, par le biais de la surveillance générale et des inspections, veille à la qualité, mais c’est la concertation entre collègues – souvent autour d’un débat passionné en salle des profs – qui valide la véritable professionnalité de l’enseignant.
Il y a des choses qui apparaissent à nos yeux, à la perte d'un etre cher, le relatif au poids des années passées avec lui. Mais aussi un sens discret de la responsabilité. Pas de façon lourde ou accablante, mais de manière intentionnelle. Si leur amour nous avait façonné si profondément, alors les perdre ne signifie pas que l’amour est terminé. Cela signifie que nous devons décider comment cet amour continuera de vivre à travers nous.